Aux Naufragés du Forum BEURFM

Marre d'être virés des forums ?
Enregistrez vous et rejoignez nous, tout est toléré, sauf les insultes.
Aux Naufragés du Forum BEURFM

    Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Partager

    Katya
    Membre Confirmé
    Membre Confirmé

    Messages: 139
    Date d'inscription: 08/10/2010

    Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Katya le Sam 9 Oct 2010 - 23:19

    Déficit des structures spécialisées
    Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie
    Par :Souhila Hammadi
    Lu : (64 fois)

    L’Algérie compte 280 000 cancéreux. À ce nombre, se greffent, chaque année, 40 000 nouveaux cas. Autant de personnes, qui font face aux aléas de la prise en charge thérapeutique. Les médicaments d’oncologie manquent régulièrement ; les rendez-vous pour radiothérapie sont suspendus au CPMC ; les soins palliatifs, pour les cas métastasés,
    n’existent presque pas… L’État consacre, pourtant, de gros budgets à ce segment. “Les rendez-vous de consultation et de traitement sont très éloignés à cause de la demande qui est extrêmement forte. Tous les malades sont atteints de la même pathologie et souffrent de la même façon. Tout rendez-vous rapproché se fait au détriment d’un autre patient. Ce qui est injuste…” Cette note de service est accrochée à l’entrée du secrétariat du Pr Afiane, chef de l’unité de radiothérapie au centre Pierre-et-Marie-Curie, depuis le 29 juillet dernier. À la fin du mois de septembre, un homme, d’un certain âge, s’enquiert auprès de l’assistante du professeur de la possibilité d’avancer le rendez-vous de son épouse, fixé au mois de mars. Elle lui fait un signe de négation de la tête, en lui montrant la note. “Et si son cancer atteint l’état de métastase entre-temps ?” demande-t-il. “Je suis désolée”, répond-elle. “Je m’en remets à Dieu”, grommelle le sexagénaire en levant les mains vers le ciel puis sort de la salle. Cette scène se répète inlassablement depuis des mois. Il y a quelques semaines, les rapports du personnel de l’unité avec les parents de patients ou les malades eux-mêmes frôlent parfois la violence physique. Pour cause, les rendez-vous pour des séances de radiothérapie sont carrément suspendus. “Au-delà de trois mois, il est ridicule de donner un rendez-vous. Entre la première consultation et la radiothérapie, une année, au moins, passe. La conséquence est dramatique, car dans cet intervalle, la maladie progresse”, reconnaît le Pr Afiane, qui explique que la demande sur le traitement physique est trop forte par rapport aux moyens dont disposent des centres anticancers. L’Algérie enregistre, chaque année, 40 000 nouveaux cas de cancers, toutes formes confondues. 70% d’entre eux, soit 28 000 patients, doivent recourir impérativement à la radiothérapie, selon les spécialistes. À ce nombre, il faudra rajouter les cancéreux déjà en cure et environ 20% des personnes ayant rechuté. Un traitement curateur s’étend, en moyenne, sur 3 mois, pour un programme de trente séances. “Une machine est conçue pour traiter 400 patients par jour. Il faut donc 70 appareils pour prendre en charge tous les malades, selon les normes”, souligne le chef de service de radiothérapie. Pourtant, dans tout le pays, il n’existe que 13 machines. Le déficit est énorme. La pression est particulièrement forte sur le CPMC. Du 2 janvier au 28 septembre 2010, plus de 1 970 personnes, nouvellement diagnostiquées avec un cancer, ont été prises en charge dans le service du Pr Afiane. “Si je continue comme ça, j’arriverai à 2 500 patients d’ici la fin de l’année. Mes malades viennent de toute l’Algérie”, soutient-il, indiquant que les trois machines de radiothérapie, que possède le CPMC, fonctionnent, au minimum, 16 heures par jour. “Si une machine tombe en panne, c’est la catastrophe”, poursuit notre interlocuteur. Il estime qu’il n’y a pas de solutions immédiates pour le pays. La création des 58 centres anticancéreux, dont parlent les autorités sanitaires, prendra des années. “Mettre en place une structure autour de nouvelles machines exige beaucoup de temps”, affirme le Pr Afiane. D’où la nécessité, de son avis, que “l’État accompagne tout ce qui est prêt à démarrer ou ce qui est fonctionnel”. Il cite, à ce propos, le centre public de Ouargla, qui pourra prendre en charge, à partir de janvier prochain, 500 cancéreux par an ; la structure privée de Blida, capable de traiter 1 000 patients annuellement et le centre de Sétif, qui sera opérationnel dans douze mois, selon les prévisions. En attendant que la situation s’améliore, beaucoup d’Algériens vont se soigner au Maroc, en Tunisie et en France, pour 3 500 à 5 000 euros, les frais de voyage et d’hébergement non inclus. L’Organisation mondiale de la santé, certifie, en se référant aux progrès immenses réalisés dans la recherches scientifiques en oncologie, que les deux tiers des morts par cancer peuvent être épargnées, soit par une prévention bien conduite, soit guérissables par un diagnostic établi à un stade précoce. “Il nous semble évident que, chaque année, des milliers de morts peuvent être évitées par une action en profondeur. Certes, il est extrêmement important de se doter de structures lourdes. Mais en attendant que ces hôpitaux soient fonctionnels, il serait judicieux, pour éviter la charge de morts et de souffrances, de mettre en place un plan de lutte contre le cancer avec des objectifs épidémiologiques précis”, recommande le Dr Soltane, vice-président de la Société algérienne d’oncologie thoracique.
    D’autant que les défaillances dans la prise en charge thérapeutique des cancéreux ne se résument malheureusement pas au seul déficit en radiothérapie. Les malades sont souvent confrontés, aussi, aux pénuries de produits d’oncologie, lesquels ont un statut de médicament à usage strictement hospitalier. L’été dernier, l’Herceptin, molécule importante dans le traitement du cancer du sein, a souffert de rupture de stock. “Les malades ont dû interrompre leur cure. Ils ont accusé des retards dans la thérapie et subi un impact psychologique important”, rapporte le Dr Nabchi, pharmacienne chef au CPMC. “Nous n’y sommes pour rien. Les commandes ont été faites et les marchés signés à temps”, atteste-t-elle. Le fournisseur aurait eu des soucis avec l’assurance qualité. Ce qui l’aurait empêché d’honorer la commande du CPMC. Le centre contre le cancer de l’hôpital Mustapha-Pacha dépense, chaque année, plus de 280 milliards de centimes en médicaments. “Nous avons besoin constamment d’une rallonge budgétaire”, indique le Dr Nabchi. Rien que pour le cancer du sein, il a besoin, annuellement, de 12 000 ampoules de Herceptin. Le prix unitaire est fixé à 84 000 dinars. “On administre à chaque patiente 2 à 3 ampoules par cure pendant 18 cycles, en moyenne”, précise une pharmacienne clinicienne. 146 produits d’oncologie sont, soit enregistrés, soit soumis à des ATU (autorisation temporaire d’utilisation). “Nous utilisons toutes les molécules innovantes, mais eu égard aux prix des anticancéreux, il vaudrait mieux parvenir à un consensus thérapeutique”, soutient le Dr Nabchi. Pour 2010, le CPMC a commandé pour une valeur de 6 millions de dinars de médicaments, sans compter les autres rubriques (réactifs, consommables…). “Le réactif du diagnostic du cancer du sein nous revient à 3 milliards de dinars par an”, ajoute notre interlocutrice. Elle corrobore les témoignages de ses collègues oncologues et radiologues, en affirmant que le coût du traitement d’un cancer est faramineux. Le protocole du cancer colorectal est estimé à plus de 184 000 dinars par malade, qui a besoin de 24 cures. Une thérapie contre le cancer du sein coûte environ 281 000 dinars, qu’il faudra multiplier par 18 cycles. Devant les multiples carences, certains spécialistes appréhendent la réussite du programme de dépistage précoce, qui ramènera son lot de nouveaux malades.
    “Notre système de santé doit se donner les moyens d’offrir aux cancéreux une prise en charge thérapeutique de qualité, et non pas les abandonner à leur triste sort”, soulignent les animatrices de l’association Amel. Pourtant, des milliers de personnes, au stade final de la maladie, attendent la mort sans qu’elles ne soient assistées au plan psychologique et physique (traitement de la douleur). Les soins palliatifs n’existent presque pas en Algérie.

    Liberté

    Katya
    Membre Confirmé
    Membre Confirmé

    Messages: 139
    Date d'inscription: 08/10/2010

    suite

    Message par Katya le Sam 9 Oct 2010 - 23:21

    Mmes Hamida Kettab et Fazilett Dif, animatrices de l’association El-Amel
    “La radiothérapie est le bât qui blesse et tue les patients”
    Par :Souhila Hammadi
    Lu : (7 fois)


    Liberté : On annonce la mise en œuvre du plan de lutte contre le cancer. Qu’en pensez-vous ?
    Le plan cancer est un projet dont on attend le lancement depuis des années avec impatience, car il permettrait de faire face, d’une façon globale, rationnelle et réaliste, à ce fléau qui touche 40 000 nouvelles personnes par an, à parts égales entre les hommes et les femmes. Le président de la République avait insisté, l’année dernière, sur la nécessité de son implémentation. Une journée parlementaire a été organisée pour son lancement. Mais depuis, à part quelques réunions, le projet n’avance pas. Nous espérons que cette année sera celle de sa concrétisation. Bien sûr qu’il faut des synergies entre tous les acteurs, un effort commun, une vision commune, mais il faut le faire, sinon on restera toujours embourbés dans nos problèmes et les patients algériens continueront à mourir dans la souffrance physique et morale.
    Il faut attendre plusieurs mois avant d'obtenir un rendez-vous pour une radiothérapie. Comment vivez-vous, avec les malades, cette situation ?
    C’est très difficile, croyez-moi ! La radiothérapie est l’autre bât qui blesse et tue les patients. Avec seulement cinq centres dans tout le pays, la demande est déjà trop forte. Alors, imaginez la situation quand ces centres tombent tous en panne et en même temps (c’est déjà arrivé), ou que les malades d’un centre comme le CPMC soient envoyés à l’Est et à l’Ouest ? Ceux de l’Ouest envoyés vers Blida ou Alger ? Non seulement les patients vivent le calvaire lors de leurs déplacements (ils n’ont pas où aller, la fatigue extrême du voyage, la solitude loin de la famille…), mais en plus, il faut effectivement attendre des mois pour avoir un rendez-vous. Dernièrement et une fois de plus, les patients du CPMC sont choqués par une note de service qui les informe que les RDV de radiothérapie sont complets jusqu’à… avril 2011 ! La maladie aura eu le temps de refaire son œuvre morbide, et nombre de malades ne seront jamais au rendez-vous !
    En tant qu'association, êtes-vous encore confrontés aux SOS lancés par les malades pour avoir des médicaments ?
    C’est notre lot quotidien ! En tant qu’association, nos moyens sont réduits. Nous nous démenons pour leur assurer des rendez-vous, pour leur ramener des produits en rupture (ce qui n’est pas facile du tout pour les produits anticancéreux), mais nous ne pouvons malheureusement pas grand-chose. Notre vocation n’est pas d’assurer le traitement, mais d’informer et de sensibiliser les populations. Nous sommes aussi aux côtés de nos patients pour leur assurer l’accès au traitement, au respect de leur dignité, surtout en fin de vie… toutes les choses inscrites dans notre Constitution.

    Katya
    Membre Confirmé
    Membre Confirmé

    Messages: 139
    Date d'inscription: 08/10/2010

    fin

    Message par Katya le Sam 9 Oct 2010 - 23:22

    Dr Ameur Soltane, vice-président de la Société algérienne d’oncologie thoracique à Liberté
    “L’idéal pour la lutte contre le cancer est la prévention”
    Par :Souhila Hammadi
    Lu : (5 fois)


    Selon notre interlocuteur, il existe un hiatus énorme entre la prise en charge des cancéreux en Algérie et ce qui se fait dans les pays développés. Rattraper tous les retards liés à la situation historique du pays en quelques années relève de l’utopie.
    Liberté : Le plan national de lutte contre le cancer est d’actualité. En quoi consiste-t-il exactement ?
    Dr Ameur Soltane : Tout d’abord, il faut dire qu’il n’y a jamais eu d’approche méthodique, rationnelle et consensuelle afin de définir ce que doit être un plan cancer dans le cadre d’une formation socioéconomique et culturelle en (telle que) Algérie où chacun y va de sa propre interprétation. Cette situation est à l’origine d’un certain nombre de confusions, dont les conséquences sont dramatiques dans la mesure où beaucoup d’actions simples ne sont pas mises en œuvre. Nous tenons à rappeler que depuis 2005, nous avons organisé plusieurs journées thématiques sur les programmes/plan de lutte contre le cancer, les médicaments génériques en oncologie, les plans de lutte contre le tabac, et enfin la place de la radiothérapie dans la prise en charge des cancers. Elles se terminaient toujours par des recommandations (évidemment non exhaustives), centrées sur la nécessité pour l’Algérie de se doter d’un plan cancer le plus rapidement possible. C’est donc avec plaisir que nous apprenons que de nouveau le “plan cancer” est d’actualité, dans la mesure où il n’y a pas si longtemps, lors d’une réunion officielle, nous avons entendu dire que l’Algérie n’en avait pas besoin.
    Quel serait son apport à court, moyen ou long terme, dans la réduction de la prévalence du cancer ?
    L’objectif primordial de tout plan de lutte contre le cancer est la diminution, dans un pays donné et un espace temps défini, de la mortalité et la morbidité, liées aux cancers. Il concerne par définition tous les aspects de la prise en charge de cette maladie : dépistage (recherche de la maladie chez des personnes asymptomatiques (dans des populations ciblées), le diagnostic (en particulier le diagnostic précoce à un stade utile où les possibilités de traitement sont le plus efficaces et les plus efficientes), la thérapeutique sous toutes ses formes, et enfin les soins de support (ou soins palliatifs et accompagnement) pour les patients au-dessus de toutes thérapeutiques à visées curatives, de développer l’hospitalisation à domicile. à coté de ces aspects purement médicaux, il doit aussi identifier et s’attaquer aux facteurs de risques (tabac, amiante… cancers professionnels).
    Comme vous pouvez le constater, il ne s’agit donc pas seulement de construire des hôpitaux et d’acheter des médicaments à l’étranger. Par ailleurs, il est évident que la réflexion initiale et l’élaboration d’un plan cancer doivent être consensuelles, regroupant toutes les parties concernées par la question, et ce, dans la transparence la plus totale. La mise en place d’un plan cancer ne peut être le fait des personnels administratifs d’un seul ministère tant les arbitrages entre les différentes structures ministérielles et autres institutions touchant à l’élaboration des objectifs et la mise en œuvre d’un plan cancer seront nombreuses au quotidien. Un des principes cardinaux sur lesquels repose un plan cancer est de ne prendre en considération que les ressources humaines et matérielles réelles. Il doit avoir alors pour objectif de les potentialiser afin de répondre à des objectifs épidémiologiques pertinents élaborés de manière consensuelle, tout en diminuant la charge financière sur le patient et la société. Pour des raisons faciles à comprendre — chaque année apportant son tribut de morts et de souffrances liées aux cancers —, il est fondamental que sa mise en œuvre débute le plus rapidement possible. Un plan cancer doit pouvoir compter sur ses propres sources de financement. Il est légitime de penser qu’une partie des taxes prélevées sur le tabac (9 dinars par paquet dans la loi de finances 2010) soit dédiée à la lutte contre cette maladie.
    Selon les statistiques officielles, plus de 40 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, en Algérie. Quelles sont les formes de cancers les plus fréquents et quelles en sont les causes ?
    Une partie des difficultés qu’il y a, à appréhender la question cancer dans sa globalité dans notre pays, découle du fait qu’il existe très peu de chiffres nationaux fiables concernant la prévalence et l’incidence de différents cancers, leur répartition géographique et leur évolution dans le temps. Depuis 2002, il n’y a plus eu d’enquête nationale dédiée à la question. Le chiffre que vous avancez est plausible pour 2010. Mais la question est de savoir sur quel travail scientifique il repose. En Algérie, le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme. Chez l’homme, c’est celui du poumon qui l’est encore ou du moins celui qui tue le plus. Par contre, d’autres cancers comme celui de la prostate ou de la vessie semblent connaître une expansion importante. Dans ce domaine aussi, il faut être prudent car les chiffres doivent être validés par une institution nationale neutre. Il existe environ 200 cancers différents atteignant des organes différents (cerveau, sein, poumon, peau, rein, os….), des évolutions différentes parfois foudroyantes, parfois extrêmement lentes, pouvant être liées à des causes génétiques et environnementales.
    Il semblerait que des milliers de cancéreux ne sont pas programmés pour des séances de radiothérapie par manque de places. Pouvez-vous nous faire un état même exhaustif de la situation ?
    Le problème de la prise en charge des cancers en Algérie ne se résume malheureusement pas à un chiffre, aussi important soit-il. D’autres questions doivent être aussi posées comme par exemple : combien de milliers de cancéreux ne bénéficient-ils pas de traitement physique comme la radiothérapie ? Combien de milliers de cancéreux ne sont-ils pas opérés en temps utile ? Combien de milliers de cancéreux ne sont-ils pas diagnostiqués en période utile car il existe des déficits dans les domaines aussi divers que l’imagerie, les techniques de prélèvement et d’analyse des prélèvements, des bilans d’opérabilité ? Combien de cancéreux ne bénéficient-ils pas d’actes chirurgicaux oncologiquement acceptables c'est-à-dire offrant une perspective acceptable en terme de guérison ? Combien de cancéreux n’ayant pas eu la chance de guérir de leur cancer meurent-ils dans des conditions ignobles, faute de soins, de supports (palliatifs) adaptés ? Et enfin, dernière question, à combien de cancéreux aurait-on pu éviter d’avoir un cancer, avec des politiques de préventions adaptées ? Il est clair que dans tous les domaines de la prise en charge des cancéreux, il existe un hiatus énorme entre ce qui se fait en Algérie et ce qui se fait dans les pays développés.
    Rattraper tous les retards liés à la situation historique du pays en quelques années relève de l’utopie. Promettre la même qualité de soins curatifs que dans les pays avancés à tous les citoyens du pays, quelque soit la région qu’ils habitent et quelque soit leur niveau de richesse, sans discrimination et immédiatement relève de la démagogie. Cette situation objective est liée au fait que la dépense de santé per capita dans notre pays est 15 fois moindre que ce qui se rencontre dans les pays avancés. Ceci étant dit, il ne faut pas occulter le fait que dans beaucoup d’autres domaines, le système de santé national a fait la preuve de son efficacité comme le démontre clairement l’évolution de l’espérance de vie, de la mortalité infantile, de la mortalité périnatale, des maladies transmissibles… Résoudre tous les problèmes liés à la prise en charge du cancer aura un coût probablement très élevé, d’où la nécessité d’arbitrage éthique sur la meilleure façon de dépenser l’argent de la collectivité dans le domaine de la santé, de même qu’il faudra que le politique détermine et assume clairement l’enveloppe financière à mettre dans la prise en charge du cancer.
    Nombreuses questions se sont posées et continueront probablement à se poser au cours des années à venir : médicaments essentiels et/ou génériques dont le prix est extrêmement différent, cobaltothérapie ou accélérateurs, quels soins et jusqu’à quelle hauteur de remboursement les médicaments seront pris en charge, quelle place pour le secteur privé et la médecine libérale dans la prise en charge des cancéreux. De même des décisions réellement applicables, en matière de protection sociale des cancéreux doivent être prises dans la mesure où il ne sert à rien de clamer que leur prise en charge soit totalement gratuite, si dans la réalité on laisse la pénurie arbitrer la distribution des traitements entre citoyens. Les cancéreux diagnostiqués en début d’exercice budgétaire ont de meilleures chances de trouver des médicaments que ceux qui se retrouvent malades en fin d’exercice budgétaire. Les autorités sanitaires et les oncologues plaident pour le dépistage précoce du cancer du sein, de la prostate, du col de l'utérus... Pensez-vous que c’est réalisable ?
    Encore une fois, il faut absolument sortir, à la fois, des couloirs ministériels et des visions réductrices qui parcellarisent la prise en charge des cancers dans notre pays. Toutes les personnes de bon sens vous diront que le dépistage des cancers est incontournable, même s’il a un prix. Cependant, ce n’est guère une panacée, facile à mettre en œuvre et réalisable pour tous les cancers. Par contre, il ne faut pas en exagérer la difficulté et le coût, pour l’occulter. Il serait important, pour mieux cerner la question, de faire le point sur ce qui a été déjà fait dans certaines localisations tels le sein (palpation, mammographie) ou l’utérus (frottis) au cours de la dernière décennie.
    Car les questions centrales sont les suivantes : pourquoi dans un système de santé comme le nôtre, le dépistage n’a jamais dépassé le stade des balbutiements ? Que faire pour dépasser les obstacles ? De même que le dépistage et peut-être plus encore la prévention primaire doit être mise en avant dans tout plan cancer : lutte contre le tabac, l’amiante… Ainsi, pour ce qui est de la lutte antitabac, malgré la ratification de la convention-cadre de lutte antitabac, l’on a l’impression de faire du surplace comme si elle avait été ratifiée par une baguette magique, et ce, sans que certains ministères ne soient dans le coup. De même, il serait dans ce domaine aussi intéressant de faire le point sur le nombre de consultations antitabac ayant une existence effective en Algérie, tout en fonctionnant selon des normes scientifiques et qui soient autre chose qu’une vitrine à ressortir le 31 mai, journée internationale de l’OMS dédiée à la lutte antitabac. Chaque fois que l’on peut faire un diagnostic de cancer à un stade utile c’est bien, chaque fois que le dépistage d’une lésion asymptomatique peut être réalisée, c’est encore mieux, mais l’idéal reste la prévention primaire. Le plan cancer doit être pour l’essentiel pensé en termes de challenge et de projection vers l’avenir, pour que les jeunes Algériens qui arrivent aujourd’hui ne vont pas revivre la situation actuelle. Il doit être un message d’espoir pour les générations à venir. En sommes-nous capables ?

    Katya
    Membre Confirmé
    Membre Confirmé

    Messages: 139
    Date d'inscription: 08/10/2010

    Re: Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Katya le Sam 9 Oct 2010 - 23:26

    c'est alarmant et dangereux,sachant que le cancer par les métastases peuvent se répandre très vite, il est urgent que les patients soient soignés très rapidement en enlevant leur tumeur puis rayons, mais si vous n'arrivez pas à avoir déjà un rendez vous, les gens doivent etre dans une situation de stress extreme. et s'il faut se soigner ailleurs, faut les moyens aussi.
    mais que fait le ministère de santé ?

    Abc
    Fakhamatouhou
    Fakhamatouhou

    Messages: 1639
    Date d'inscription: 24/06/2010

    Re: Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Abc le Dim 10 Oct 2010 - 13:40

    C'est tawtawette qui va te dire que c'est partout pareil.

    Kawkaw Guermache
    Membre GOLD
    Membre GOLD

    Messages: 5214
    Date d'inscription: 25/07/2010

    Re: Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Kawkaw Guermache le Dim 10 Oct 2010 - 15:47

    oups !
    liberté c un yabon journal maintenant ?
    et en pratique ils y vont à dos de chameau au maroc ..tout le monde sait qu'on vient dintedire aux grossistes de revendre je ne sais pas .. on vient de signer de gros contrats de production locale de médoc et tout cela est dasn la press (lalgerie est le seul pays du maghreb où on se compare aux voisins de façon hautaine comme ça)

    Abc
    Fakhamatouhou
    Fakhamatouhou

    Messages: 1639
    Date d'inscription: 24/06/2010

    Re: Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Abc le Dim 10 Oct 2010 - 15:58

    Faut toujours croire ce que nous raconte BouPistache:tout ça c'est de la politique de haute voltige que nous autres citoyens lambda ne pouvons décrypter

    Kawkaw Guermache
    Membre GOLD
    Membre GOLD

    Messages: 5214
    Date d'inscription: 25/07/2010

    Re: Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Kawkaw Guermache le Dim 10 Oct 2010 - 17:17

    Abc a écrit:Faut toujours croire ce que nous raconte BouPistache:tout ça c'est de la politique de haute voltige que nous autres citoyens lambda ne pouvons décrypter
    a3udhu bi allah min el cheytane el rajim, bismi allah el rahmane el rahim.
    http://www.algerie360.com/algerie/les-grossistes-des-medicaments-en-conclave-a-alger-%C2%ABle-creneau-de-distribution-en-voie-de-disparation%C2%BB/

    Biouma2004
    Membre Actif
    Membre Actif

    Messages: 1497
    Date d'inscription: 17/07/2010
    Age: 17
    Localisation: Mars

    Re: Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Biouma2004 le Lun 11 Oct 2010 - 9:14

    Kawkaw Guermache a écrit:oups !
    liberté c un yabon journal maintenant ?
    et en pratique ils y vont à dos de chameau au maroc ..tout le monde sait qu'on vient dintedire aux grossistes de revendre je ne sais pas .. on vient de signer de gros contrats de production locale de médoc et tout cela est dasn la press (lalgerie est le seul pays du maghreb où on se compare aux voisins de façon hautaine comme ça)


    Azul taw,
    liberté fait son travail, bien ou mal, ce n'est pas le probème, ils ont exposé une situation au cherb, à nos dirigeants de démontrer la problématique du sujet, le blème là encore c'est que'au niveau de communication ils sont tellement nul que tout le monde devient expert en tout et en rien. Il y a des années de cela la propagande profité au FLN lyoume, elle profite à nos détracteurs et ça c'est pas normal. De toute manière ils ont mis en place une stratégie qui consiste à maintenir dz la tête sous l'eau. Systématique et tu peux vérifier, dès lors que dz brille par son travail et son efficacité, abc et le trio lui plongent la tête sous l'eau. On appelle cela une guerre médiatique, nous jusqu'à maintenant on a perdu sur cette guerre là toutes les batailles, mais on gagnera la guerre car au final ce qui compte c'est le bilan, abc et le trio aura beau jouer avec les mots, reste que les chiffres eux ne mentent pas.

    Nadj
    Administrateur
    Administrateur

    Messages: 4762
    Date d'inscription: 29/03/2010

    Re: Les cancéreux algériens se soignent au maroc et en tunisie

    Message par Nadj le Lun 11 Oct 2010 - 10:21

    j'ai envie de vomir en lisant certains commentaires...............

      La date/heure actuelle est Dim 20 Mai 2012 - 23:02