La « fish pédicure » : donnez vos peaux mortes aux poissons
Les « fish spas » cartonnent, mais les autorités sanitaires
s'interrogent sur les conditions d'hygiène de ce nouveau genre de
pédicure.

Arrivée en France il y a un peu plus de six mois, la « fish
pédicure » se développe et attire de nouveaux adeptes, curieux de se
laisser grignoter les peaux mortes des pieds par des poissons. Mais la
pratique n'est peut-être pas anodine, et plusieurs Etats américains
l'ont déjà interdite.
Le concept : trempez vos pieds dans un aquarium rempli de poissons
voraces mais dépourvus de dents. Ils devront se contenter de vos peaux
mortes. Vos pieds en ressortiront aussi doux qu'une peau de bébé.
L'opération est indolore, elle chatouille légèrement les premières minutes puis s'apparente à un léger massage. (Voir la vidéo d'un « fish spa » à Singapour)
Interdit dans plus de vingt Etats américains
Pratiqué à l'origine en Turquie, ce soin a explosé à Tokyo
et s'est répandu dans le reste de l'Asie, où les normes d'hygiène sont
généralement moins strictes que dans les pays occidentaux.
Lorsque les premières boutiques ont ouvert début 2009 aux Etats-Unis, elles ont d'abord été accueillies avec un franc succès, mais se sont vite retrouvées au cœur d'une polémique sanitaire.
L'Etat de Washington et le Texas ont interdit la « fish pédicure » dès
2008 au nom du risque de transmission de germes, notamment de mycoses.
Une vingtaine d'autres Etats les ont suivis.
A Paris, le premier spa de ce genre, Rufa Fish Spa, a ouvert en novembre 2009, provoquant un tsunami de réactions enjouées sur le Web. Le spa envisage désormais de développer des solutions de franchise, selon son gérant Rida Boughanmi.
Depuis, plusieurs autres salons de « fish pédicure » ont ouvert en France, comme Docteur Poisson Provence à Miramas. Mais beaucoup plus d'instituts de beauté semblent expérimenter ce soin sans en faire clairement la publicité.
« Avec ce niveau d'hygiène, les poissons meurent rapidement »
Il n'y a pas de régulation en France pour le moment. La Direction
générale de la santé a saisi un groupe d'experts afin d'évaluer
rapidement tous les risques et éventuellement l'interdire. Mais pour le
moment, le ministère de la Santé s'est contenté d'en déconseiller
l'usage et de demander à veiller à ce que l'eau soit changée entre
chaque client, et les bassins individualisés.
Marc Simonnau, sur le point de créer une entreprise d'installations
de « fish spas » en France, s'est intéressé de près aux risques :
Aux Etats-Unis, les législations de cosmétologie dans la plupart des
Etats exigent en effet d'assainir ou de jeter les ustensiles entre
chaque usage. Difficile de jeter ces précieux poissons qu'on importe
généralement d'Asie, ou de les faire chauffer à 170°C pendant vingt
minutes comme on le ferait pour un rasoir de pédicure.
La « fish pédicure » aiderait à traiter le psoriasis
Autre problème majeur : certains établissements, faute de Garra Rufa
[le poisson turc traditionnellement utilisé], utilisent des Chin-chin
Tilapia. Les propriétés exfoliantes de ces poissons sont similaires à
celles de leurs cousins turcs… si ce n'est qu'ils possèdent des dents.
Très vite, ils grossissent et alors, gare à vos orteils. Rejetés dans
la nature, ces carnivores présentent un danger pour les autres espèces.
Certaines études
estiment que ces carpes esthéticiennes pourraient aider à traiter le
psoriasis, et les salons de beauté ne manquent pas de s'en vanter.
Pourtant, le ministère de la Santé interdit officiellement la publicité
à vocation thérapeutique sans autorisation expresse de l'Agence
française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
Les « fish spas » cartonnent, mais les autorités sanitaires
s'interrogent sur les conditions d'hygiène de ce nouveau genre de
pédicure.

Arrivée en France il y a un peu plus de six mois, la « fish
pédicure » se développe et attire de nouveaux adeptes, curieux de se
laisser grignoter les peaux mortes des pieds par des poissons. Mais la
pratique n'est peut-être pas anodine, et plusieurs Etats américains
l'ont déjà interdite.
Le concept : trempez vos pieds dans un aquarium rempli de poissons
voraces mais dépourvus de dents. Ils devront se contenter de vos peaux
mortes. Vos pieds en ressortiront aussi doux qu'une peau de bébé.
L'opération est indolore, elle chatouille légèrement les premières minutes puis s'apparente à un léger massage. (Voir la vidéo d'un « fish spa » à Singapour)
Interdit dans plus de vingt Etats américains
Pratiqué à l'origine en Turquie, ce soin a explosé à Tokyo
et s'est répandu dans le reste de l'Asie, où les normes d'hygiène sont
généralement moins strictes que dans les pays occidentaux.
Lorsque les premières boutiques ont ouvert début 2009 aux Etats-Unis, elles ont d'abord été accueillies avec un franc succès, mais se sont vite retrouvées au cœur d'une polémique sanitaire.
L'Etat de Washington et le Texas ont interdit la « fish pédicure » dès
2008 au nom du risque de transmission de germes, notamment de mycoses.
Une vingtaine d'autres Etats les ont suivis.
A Paris, le premier spa de ce genre, Rufa Fish Spa, a ouvert en novembre 2009, provoquant un tsunami de réactions enjouées sur le Web. Le spa envisage désormais de développer des solutions de franchise, selon son gérant Rida Boughanmi.
Depuis, plusieurs autres salons de « fish pédicure » ont ouvert en France, comme Docteur Poisson Provence à Miramas. Mais beaucoup plus d'instituts de beauté semblent expérimenter ce soin sans en faire clairement la publicité.
« Avec ce niveau d'hygiène, les poissons meurent rapidement »
Il n'y a pas de régulation en France pour le moment. La Direction
générale de la santé a saisi un groupe d'experts afin d'évaluer
rapidement tous les risques et éventuellement l'interdire. Mais pour le
moment, le ministère de la Santé s'est contenté d'en déconseiller
l'usage et de demander à veiller à ce que l'eau soit changée entre
chaque client, et les bassins individualisés.
Marc Simonnau, sur le point de créer une entreprise d'installations
de « fish spas » en France, s'est intéressé de près aux risques :
« Il faudrait stériliser les poissons entre chaque
client pour éviter tout risque sanitaire, alors qu'on voit souvent des
bacs non-individuels. Avec ce niveau d'hygiène, les poissons meurent
rapidement. »
Aux Etats-Unis, les législations de cosmétologie dans la plupart des
Etats exigent en effet d'assainir ou de jeter les ustensiles entre
chaque usage. Difficile de jeter ces précieux poissons qu'on importe
généralement d'Asie, ou de les faire chauffer à 170°C pendant vingt
minutes comme on le ferait pour un rasoir de pédicure.
La « fish pédicure » aiderait à traiter le psoriasis
Autre problème majeur : certains établissements, faute de Garra Rufa
[le poisson turc traditionnellement utilisé], utilisent des Chin-chin
Tilapia. Les propriétés exfoliantes de ces poissons sont similaires à
celles de leurs cousins turcs… si ce n'est qu'ils possèdent des dents.
Très vite, ils grossissent et alors, gare à vos orteils. Rejetés dans
la nature, ces carnivores présentent un danger pour les autres espèces.
Certaines études
estiment que ces carpes esthéticiennes pourraient aider à traiter le
psoriasis, et les salons de beauté ne manquent pas de s'en vanter.
Pourtant, le ministère de la Santé interdit officiellement la publicité
à vocation thérapeutique sans autorisation expresse de l'Agence
française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).







